Pour acquéreurs francophones

Les frais d'acquisition en Espagne : ce qui s'ajoute au prix

Ion Postolache · Publié le 4 août 2026

Les « frais de notaire » sont une expression française, et l’équivalent espagnol ne fonctionne pas comme vous en avez l’habitude. Les postes se ressemblent en partie, les taux sont fixés à un autre niveau, et il existe un mécanisme qui n’existe pas en France et qui peut rendre l’achat plus cher que le prix convenu.

Qui fixe quoi

C’est la première question, car elle détermine si un chiffre lu quelque part s’applique à votre bien.

La communauté autonome fixe le droit de mutation (ITP) dans l’ancien et le droit de timbre (AJD) dans le neuf. Pour Marbella, Estepona, Benahavís, Mijas et Fuengirola, c’est l’Andalousie. Le même taux dans les cinq, quelle que soit la commune.

L’État fixe la TVA dans le neuf.

La commune fixe l’IBI annuel et les taxes locales. Ce n’est pas un frais d’acquisition, mais cela varie d’une commune à l’autre et a sa place dans votre budget.

De là découle l’erreur de transposition la plus fréquente : un calcul fait pour Majorque ne vaut pas ici. Les Baléares appliquent un barème progressif par tranches de prix, l’Andalousie un taux unique. Qui reprend la mécanique se trompe sur le poste le plus lourd de l’acquisition. Comme la littérature francophone sur l’Espagne est fortement marquée par les Baléares et la Costa Blanca, cela arrive souvent.

Les postes

Dans l’ancien :

  • ITP, le droit de mutation d’Andalousie. De loin le poste principal
  • Notaire, selon un tarif réglementé qui suit la valeur
  • Registre de la propriété, également réglementé
  • Votre propre avocat, en général un pourcentage ou un forfait
  • Gestor, si vous externalisez le suivi administratif
  • Expertise, si vous financez

Dans le neuf :

  • TVA au lieu de l’ITP
  • AJD, le droit de timbre d’Andalousie, qui ne joue pas dans l’ancien
  • Les mêmes frais de notaire, de registre et d’avocat

Avec un crédit s’ajoutent des frais spécifiques ; depuis la loi espagnole sur le crédit immobilier, leur répartition entre banque et client a changé, et votre banque doit vous remettre un récapitulatif chiffré préalable.

La valeur de référence — le mécanisme sans équivalent français

C’est le paragraphe le plus important de cette page.

L’Espagne connaît depuis quelques années la valor de referencia : une valeur officielle par bien, dérivée des transactions enregistrées alentour. Elle constitue le plancher de l’assiette du droit de mutation.

Concrètement : si vous achetez en dessous de la valeur de référence, l’impôt est malgré tout calculé sur cette valeur. Votre succès en négociation baisse le prix, pas la taxe.

Deux conséquences :

  • Demandez la valeur de référence avant la négociation, pas après. Elle est consultable et elle modifie votre prix de revient réel.
  • Si elle dépasse nettement une valeur de marché défendable, une contestation est possible, mais c’est une procédure a posteriori, avec charge de la preuve, pas une formalité.

Pourquoi aucun pourcentage n’est écrit ici

Vous trouverez des taux précis ailleurs. Ils ne figurent pas dans le texte de cette page, et c’est délibéré : ils sont fixés par l’Andalousie, ils ont été modifiés plusieurs fois ces dernières années, et un pourcentage qui vieillit ici en silence est plus nuisible qu’une absence de pourcentage.

Ce que nous faisons à la place : le simulateur en haut de page calcule avec des taux qui portent une date et une échéance de révision, pour que vous voyiez sur quoi il s’appuie. Ce qui s’applique à votre bien, l’Agencia Tributaria de Andalucía ou votre gestor le confirment.

Une réserve honnête sur le simulateur

Les taux utilisés sont tirés de sources secondaires et n’ont pas été validés par un conseil fiscal espagnol. Nous le précisons parce que la nuance compte : servez-vous du résultat pour comprendre la mécanique et l’ordre de grandeur à provisionner, pas comme montant sur lequel fonder une offre. Pour cela, nous le faisons recalculer pour votre bien précis.

Ce que les acheteurs oublient régulièrement

  • Les frais s’ajoutent au prix et ne sont pas financés. Les banques espagnoles ne financent en règle générale pas les frais d’acquisition : il vous les faut en liquidités, au-dessus de votre apport.
  • L’acompte du contrat privé part des semaines avant l’acte.
  • Les charges de copropriété courent dès le transfert, et des arriérés du vendeur peuvent suivre le bien plutôt que lui.
  • La déclaration annuelle des non-résidents commence l’année de l’achat.
  • L’IFI et l’impôt espagnol sur la fortune, selon votre patrimoine — traités séparément.

Ancien et neuf sont deux calculs distincts

Le plus grand écart de frais ne vient pas de la région mais de la personne à qui vous achetez. Deux régimes qui s’excluent.

À un particulier (ancien), c’est l’ITP, le droit de mutation, dont le taux est fixé par la communauté autonome. L’Andalousie diffère donc de Valence ou des Baléares.

À un promoteur (première livraison), c’est la TVA, fixée au niveau de l’État, à laquelle s’ajoute l’AJD, le droit sur l’acte notarié, dont la région détermine une part.

Trois conséquences à connaître avant :

Les pourcentages d’un article sur l’ancien ne valent pas pour le neuf, et réciproquement. C’est l’erreur la plus fréquente dans les calculs faits depuis la France.

Dans le neuf s’ajoutent les appels de fonds. Le promoteur les perçoit pendant la construction, et le droit espagnol exige que les sommes versées par l’acquéreur soient couvertes par une garantie bancaire ou une assurance. L’absence de cette couverture n’est pas un détail, c’est un motif de ne pas verser.

Les délais de déclaration sont courts et courent depuis l’acte notarié, pas depuis la remise des clés. Qui rentre en France juste après la signature et compte s’en occuper après les vacances arrive souvent trop tard.

Avec un crédit, le calcul change

Si vous financez par un crédit espagnol, des postes s’ajoutent qui n’existent pas dans un achat comptant.

L’expertise (tasación) demandée par la banque, à la charge de l’emprunteur et due même si le crédit n’est pas accordé.

La répartition des frais de crédit. Une législation espagnole de 2019 a transféré à la banque une partie des frais liés à l’acte de prêt, mais pas la totalité. Ce qui incombe à qui découle de la loi et non d’une négociation. Demandez à la banque un décompte écrit.

Les assurances. Les banques exigent en général une assurance du bien et proposent souvent leurs propres contrats. L’obligation d’assurer et l’obligation de le faire auprès de cette banque sont deux choses différentes.

Le temps. Un crédit allonge le processus de plusieurs semaines, ce qui pèse sur les délais du compromis. Un acompte peut être perdu même lorsque le retard vient de la banque, sauf clause contraire. Cette clause se négocie avant la signature.

Questions fréquentes

Combien coûtent les frais d’achat en Espagne ?

Cela dépend de la région et du caractère ancien ou neuf du bien. Dans l’ancien, le droit de mutation régional est de loin le poste principal, auxquels s’ajoutent notaire, registre et votre avocat ; dans le neuf, TVA plus droit de timbre au lieu de l’ITP. Le simulateur en haut de page pose le calcul et indique la date des taux utilisés.

Qui fixe le droit de mutation à Marbella ?

L’Andalousie, ni l’État ni la commune. C’est pourquoi le taux est le même à Marbella, Estepona, Benahavís, Mijas et Fuengirola. Ce qui varie d’une commune à l’autre, c’est l’IBI annuel, pas le droit de mutation.

Un calcul fait pour Majorque vaut-il pour l’Andalousie ?

Non, et c’est l’erreur la plus fréquente. Les Baléares appliquent un barème progressif par tranches, l’Andalousie un taux unique. Qui reprend la mécanique se trompe sur le poste le plus lourd de l’acquisition.

Qu’est-ce que la valeur de référence et pourquoi peut-elle me coûter ?

La valor de referencia est une valeur officielle par bien qui constitue le plancher de l’assiette du droit de mutation. Si vous achetez en dessous, l’impôt est calculé sur cette valeur malgré tout. Demandez-la avant la négociation.

Quelle différence entre ITP et TVA ?

L’ITP est le droit de mutation dans l’ancien, fixé par la région. Dans le neuf s’applique à la place la TVA, fixée par l’État, plus le droit de timbre AJD de la région. Ce n’est donc pas une question de taux mais d’impôt différent.

Puis-je financer les frais avec un crédit espagnol ?

En règle générale non. Les banques espagnoles financent le bien, pas les frais annexes, et prêtent de surcroît contre leur propre expertise. Comptez donc les frais d’acquisition en apport, au-dessus de votre mise.

Un non-résident paie-t-il plus à l’achat ?

À l’achat lui-même non — l’ITP et la TVA tiennent au bien, pas à votre résidence. La différence vient après : en tant que propriétaire non-résident vous avez une déclaration annuelle à déposer en Espagne, et à la revente l’acquéreur retient 3 % du prix à titre d’acompte.

Les frais changent-ils dans une copropriété ?

Les impôts non, mais vous héritez de charges courantes : les charges de copropriété. Demandez le montant actuel, un certificat d’absence d’arriérés et les deux derniers procès-verbaux. Les arriérés du vendeur peuvent suivre le bien.

Les frais sont-ils les mêmes dans l’ancien et dans le neuf ?

Non, ils diffèrent nettement. Chez un particulier, c’est l’ITP, dont le taux est fixé par la région. Chez un promoteur, c’est la TVA, fixée par l’État, plus l’AJD sur l’acte. Les deux régimes s’excluent, donc les pourcentages d’un article sur l’ancien ne valent pas pour le neuf.

Mes appels de fonds versés au promoteur sont-ils garantis ?

Le droit espagnol exige que les sommes versées par l’acquéreur soient couvertes par une garantie bancaire ou une assurance. L’absence de cette couverture n’est pas un détail, c’est un motif de ne pas verser.

Quels frais s’ajoutent avec un crédit espagnol ?

L’expertise demandée par la banque, due même si le crédit n’est pas accordé, et les assurances exigées. Une législation de 2019 a transféré à la banque une partie des frais liés à l’acte de prêt, mais pas la totalité. Demandez un décompte écrit.

Puis-je perdre mon acompte si la banque prend du retard ?

C’est possible, sauf clause contraire dans le compromis. Un crédit allonge le processus de plusieurs semaines et les délais contractuels en tiennent rarement compte. Cette clause se négocie avant la signature, pas après.

Sources